C’est avec un immense plaisir que je redécouvre les œuvres de Mathurin Méheut.
Je suis venue visiter ce musée à sa réouverture en 2022 et me voilà de retour notamment pour découvrir l’exposition temporaire « Regards Japonisants en Bretagne par Mathurin Méheut et Henri Rivière ». Quelle n’a pas été ma surprise de trouver un parcours permanent complétement changé. Quelques grandes œuvres incontournables sont toujours présentes mais le reste a été renouvelé.
Encore une fois je m’émerveille devant le talent de cet artiste. Oui ! Il n’y a pas d’autre mot pour le décrire tant il a de facettes : peintre, décorateur, illustrateur, céramiste…
Ce que j’aime chez lui ? Son regard sur les scènes de vie quotidienne, son œil avisé sur la faune et la flore ainsi que sa passion qui nous fait voyager en France et dans le monde. Comme c’est captivant de voir qu’en trois coups de crayons le dessin prend forme. Comme il est intéressant de comparer les croquis avec les œuvres finales et de se rendre compte de tout le temps d’observation et préparatoire passé. La Nature, la Faune et la Flore, Regard sur ses contemporains, la Guerre, la Bretagne, le Japon les thématiques s’enchainent. J’avance tranquillement d’œuvres en œuvres, de sujet en sujet, de région en pays et me voici déjà arrivée à la fin du parcours permanent.
Au bout de la galerie, un monde différent se présente à moi : la couleur rouge, des cachets/monogrammes, des estampes, des carnets japonais… immersion totale au cœur du Japonisme !
Ici je découvre Henri Rivière. Un artiste curieux, passionné et collectionneur d’objets d’Asie inspiré par Hokusai, Hiroshige et Utamaro. Hokusai est un nom que je connais bien ! Son œuvre « la Grande Vague de Kanagawa » ça vous dit quelque chose ? Et là quelle merveille, l’un des tirages originaux est visible dans le musée au côté des œuvres des deux autres artistes japonais.
Dans la partie suivante, je suis surprise de découvrir une présentation du cabaret parisien Le Chat Noir connu pour son théâtre d’ombres. Et après réflexion c’est logique ! Qu’y a-t-il de plus asiatique que les ombres dîtes chinoises ? Je comprends rapidement qu’Henri Rivière l’a fréquenté dès son plus jeune âge puis y a collaboré notamment en tant que metteur en scène. C’est surement sa première approche des arts orientaux.
Je continue mon cheminement dans ce musée où l’apparence évoque les couleurs du pays du Soleil Levant avec le rouge en fil conducteur. J’assiste à un mélange de cultures : je retrouve des paysages bretons, avec la technique des estampes japonaises, principalement réalisés par Henri Rivière mais aussi Mathurin Méheut.
Les deux artistes utilisent deux techniques bien connues des japonais : la xylographie et la lithographie qui leur permettaient de créer plusieurs exemplaires d’une même œuvre. Les deux techniques demandent un travail important puisqu’il faut autant de matrices qu’il y a de couleurs. Je m’imagine le temps qu’il fallait entre la préparation du dessin, la préparation des matrices et les tirages. C’est un métier de passion et de patience !
J’avance entre les œuvres et je reste subjuguée par la qualité des estampes d’Henri Rivière et Mathurin Méheut qui représentent la beauté des paysages bretons. Et dire qu’Henri Rivière n’est jamais allé au Japon et que tout vient de son étude minutieuse de cette technique…
J’approche trop rapidement de la fin de l’exposition. Mais avant cela, je découvre un autre artiste André Juillard, influencé par Henri Rivière, et qui lui rend hommage en revisitant « Les Trente-six vues de la Tour Eiffel » un siècle après sa parution. Cette mise en scène d’Henri Rivière puis d’André Juillard fait penser aux « Trente-six vues du Mont-Fuji » par Hokusai.
Je sors du musée des étoiles pleins les yeux, la tête remplie de paysage et une envie de voyage !
Ainsi s’achève ma visite du musée Mathurin Méheut et de son exposition temporaire « Regards Japonisants en Bretagne par Mathurin Méheut et Henri Rivière ».
C’est sûr je reviendrai !



